Les origines du piercing labret

Le piercing labret est une pratique très ancienne. Des labrets façonnés dans la pierre remontant à l’âge néolithique ont été découverts au Tchad (Afrique). Le perçage du labret était lié à des rites initiaques, l’accession à une autre classe d’âge ou à un nouveau statut social. Des cérémonies plus ou moins élaborées selon le lieu et la fortune étaient organisées.

Certaines tribus utilisent le piercing labret pour transformer leur corps afin de ressembler à des animaux qu’ils vénèrent. Les femmes Toposas s’arrachent les dents inférieures afin de faire saillir leur dentition de leur mâchoire et de ressembler à leur animal sacré: la vache. Elles s’accrochent une longue tige de métal, à l’extrémité recourbée, à la lèvre inférieure.
Les plus âgées des femmes Kichepos, près de la frontière éthiopienne, portent encore d’impressionnants plateaux labiaux, cunéiformes et circulaires, pour ressembler à des oiseaux précieux qui ont le bec en spatule.

Certaines parures sont inspirées par des mythes et légendes locaux, d’autres sont simplement crées de façon fantaisiste par les artisans. Elles proviennent à l’origine d’éléments naturels, végétaux, animaux, voire minéraux. D’autres, indices des prouesses à la chasse et du statut social proviennent de trophées: ivoire, poils de girafe, peau de serpent, or, argent, bronze…etc

En remontant vers le nord du continent africain, les ethnies du bassin de l’Omo, dans le sud éthiopien, les Surmas, les Tichénas, les Karos, les Amars et les Mursis préservent encore leur identité et leurs coutumes. Les jeunes filles Surmas se font percer la lèvre inférieure six mois avant leur mariage, avant de l’étirer de façon progressive. La taille du disque est proportionnel au nombre de bêtes qui devront être fournies en dot par la famille de l’époux. Les femmes Mursis, portent elles aussi d’immenses plateaux de bois ou d’argile à la lèvre inférieure, alors que les Karo se distinguent par une épingle métallique fixée sous leur lèvre inférieure.
Plus à l’Ouest du continent africain, au sud du Tchad, les femmes Saras portent d’importants labrets. Il s’agit d’un rite hyménéal où le futur époux perce lui même les lèvres de sa fiancée avec une aiguille ou une épine végétale, puis des chevilles de bois de plus en plus importantes sont introduites dans l’orifice pour l’élargir et y introduire un ou plusieurs plateaux pouvant atteindre les vingt centimètres de diamètre.

Le piercing labret est le plus mondialement répandu, nous avons pu retrouver des piercings labrets de quartz et d’argile des peuples primitifs des Amériques jusqu’à l’Asie.