Les origines du piercing de surface

Le piercing de surface a vu le jour en Amérique du Nord. Vers le 18 ème siècle, la tribu indienne des Mandans, grands chasseurs de bisons et redoutables scalpeurs de Cheyennes se perforaient la surface de la  peau lors de leur rituel: la danse du soleil. Les initiés étaient soumis à plusieurs épreuves d’une immense cruauté. Pendant quatre jours et quatre nuits, ils ne prennent aucun repos sont privés de nourriture et d’eau, et dansent inlassablement, en état de transe, sans montrer la moindre fatigue. Le quatrième jour, l’apparition d’un personnage habillé en « démon » donne le signal du début de la cérémonie.

Des broches sont insérées dans le corps des jeunes gens: sur le dos, les épaules, la poitrine, les bras et les jambes. Pour rendre l’opération plus douloureuse, la chair est entaillée à l’aide d’un couteau à scalper ébréché. Des crânes de bisons sont fixés à certaines de leurs plaies, dans d’autres on y passe des cordes. Les cordes accrochées au toit d’un édifice, serviront à hisser les jeunes gens dans le vide. On fait tournoyer les corps, alourdis par le poids des crânes, de plus en plus vite, jusqu’à évanouissement. L’initiateur vérifie que les jeunes hommes sont bien complètement inanimés avant de les faire redescendre. Les initiés endurent la douleur de façon totalement impassible.

La danse du soleil évoque symboliquement la mort, suivie d’une nouvelle naissance, et de l’attribution d’un nouveau nom. Un simulacre de sacrifice qui va très loin jusqu’aux limites de la résistance physiologique, et que les individus devaient subir en silence. Un mandan qui s’y serait refusé était considéré, mis au ban, et incapable de prendre une épouse. Le rang et le prestige social de chaque individu étaient déterminés par le courage dont il avait fait preuve.

A l’origine, le piercing de surface, et les marques corporelles, servaient donc à prouver son courage et sa virilité.